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NUTRI-SCORE, QU'EN PENSER ?

Information générale

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09/02/2020

Avez vous travaillé sur le sujet dans votre entreprise ?

Le Nutri-Score est-il pertinent selon vous  ?  Quels sont ses limites ? 

Comment et pourquoi  faire adhérer les entreprises ? 

Quels réels impacts pour elles ? 


L'autre jour, je tombe sur un article Linkedin d'un grand groupe, m'invitant à réfléchir sur l'utilisation du Nutri-Score. Les arguments, principalement contres, sont les suivants :

- Le Nutri-Score ne voit pas l'aspect nutritionnel dans son ensemble
- Il ne regarde pas l'état de transformation du produit

Un des exemples avancés est qu'une bouteille de lait et une bouteille de soda porte le même score. 

J'ai assisté il y a peu à une conférence sur le sujet, portée par UFC Que Choisir, où était présent Alain Bazot, président d’UFC-Que Choisir, le Professeur Serge Hercberg, « père » du logo Nutri-Score, Professeur de Nutrition, Faculté de Médecine Université Paris 13, et Michèle Rivasi, députée européenne (Verts/ALE, France). 

Je m’apprête donc à commenter le post de ce grand groupe : 

"L'objectif du Nutri-Score est-il  réellement de comparer un verre de lait et un verre de soda? Il me semble qu'il permet plutôt de comparer deux produits de la même famille. Ne serait-il pas plus intéressant d'éduquer les consommateurs à son utilisation plutôt que d'avancer des exemples hors propos? Son utilisation encouragerait les industries agro-alimentaire à toujours faire mieux. C'est notre rôle après tout " 

Ça y est, c'est posté ! Puis je me rend compte que l'article est écrit par le CEO du groupe, je me dégonfle et je le supprime.

Forte du réseau d'anciens auquel j'appartiens, je souhaite échanger avec vous sur ce sujet du Nutri-Score. Qui peut, à mon avis, être un vrai levier pour faire mieux et toujours. 

Tout d'abord voilà les éléments apportés lors de la conférence UFC Que Choisir : 

1. Le Nutri-Score est  une marque déposée. Il est porté par Santé Publique France et respecte un cahier des charges strict afin d'éviter les dérives d'utilisation. 

2. Le Nutri-Score a pour objectif de simplifier la lecture de l'étiquetage et d'harmoniser la lecture des étiquettes sur les produits européens. Quand on sait que 82% des consommateurs ne comprennent pas les étiquettes, n'y aurait-il pas de quoi s'inquiéter ? (source : UFC Que Choisir)

Dans un contexte où 17-18% des moins de 18 ans sont en surpoids, dont 3-4% obèses (source : améli.fr) l'objectif principal avancé est d'aider les consommateurs de produits industriels à mieux s'y retrouver et à mieux choisir.

3. Le Nutri-Score  est calculé via un algorithme qui se base sur les qualités nutritionnelles d'un produit (en regardant le tableau nutritionnel du produit). Pour cela, il se base sur les nutriments à "favoriser" : fibres, protéines, fruit et légumes et les nutriments à "limiter" : acides gras saturés, sucre et sel.

Il permet ainsi de classer les aliments en 5 catégories, du A (vert foncé) au E (rouge foncé) en prenant en compte l’intérêt nutritionnel global. 

Voici deux  exemples d'utilisation avancés lors de la conférence : 

- Grâce au Nutri-Score, l'huile d'olive aura un meilleur score qu'une huile de tournesol

- Le Nutri-Score permet de comparer entre eux  différents types de céréales petits-déjeuners, idem pour les plats préparés (entre autres) en se basant sur leurs compositions et en valorisant celui avec le plus de protéines/fibres et le moins de sucre/sel/acide gras saturés. 

Les limites avancées lors de la conférence sont : 

- la non prise en compte de la présence ou absence d'additif dans le calcul
- la non prise en compte de la présence ou absence de pesticides


Alors certes, le Nutri-Score ne prend pas en compte l'aspect ultra-transformé, et un fromage pourrait bien avoir un mauvais score (argument avancé contre le Nutri-Score par l'industriel de Linkedin) mais le principal, selon moi, n'est pas là.

Le principal, toujours selon moi,  c'est d'avoir mis en place un outil pédagogique  permettant de s'y retrouver dans la multitude de références qu'on peut trouver en magasin et sur une même catégorie de produits. 

Un enfant qui souhaiterait acheter un produit rouge pourrait s'entendre dire : n'y a-t-il pas dans ce rayon, un produit vert que tu aimerais aussi ?

Toutefois, sa mise en place doit s’accompagner, d'après moi, d'une vraie explication auprès des consommateurs afin de rappeler l'importance d'une alimentation variée et diversifiée. Du rouge oui, mais en petite quantité, pas nécessairement à chaque repas...


Et vous, qu'en pensez-vous ? Pertinent ou pas ? Réducteur ou pas ? 


La réglementation européenne aujourd’hui  ne permet pas d'imposer l'utilisation du Nutri-Score et ce, pour protéger la liberté de la concurrence.
C'est pourquoi une initiative citoyenne a été lancée entre différentes associations de consommateurs européennes.

L'objectif est d'inciter la commission chargée du dossier à aller plus loin. Lien : https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-initiative-citoyenne-europeenne-une-petition-europeenne-pour-rendre-obligatoire-le-nutri-score-au-sein-de-l-union-n66603/



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